Réflexions d'un citoyen sur sa commune en Charente-Maritime.
Bernard Goursaud (à gauche) s'estime diffamé par Pierre Collenot
Photos HENRI-JEAN BERTHÉLÉMY ET DAVID BRIAND
Propos de campagne ou diffamatoires ?
BRIE-SOUS-MATHA : Pierre Collenot a-t-il diffamé, sur son blog, le maire Bernard Goursaud ?
La justice se prononcera le 18 décembre La guérilla que livre, depuis des mois, par blog « citoyen » interposé, Pierre Collenot contre Bernard Goursaud, le maire de Brie-sous-Matha, et sa majorité municipale s'est transportée jeudi après-midi dans l'enceinte du tribunal correctionnel de Saintes. S'estimant diffamés à plusieurs reprises sur ce blog, Bernard Goursaud et la commune ont, en effet, saisi la justice.
Sur son blog, Pierre Collenot s'interroge sur la sincérité de certains des marchés publics passés par la commune de Brie-sous-Matha et sur les liens entre le maire et un entrepreneur qui a obtenu plusieurs chantiers locaux.
Élu conseiller municipal (d'opposition) en mars, il a aussi dénoncé l'état des finances locales après que le tribunal administratif de Poitiers a condamné la commune à verser les sommes dues au titre de la scolarisation des enfants de Brie dans les villages voisins.
Estimant toutes ces attaques injustifiées, Bernard Goursaud et la municipalité ont intenté une action en justice, demandant la condamnation de Pierre Collenot pour diffamation et l'euro symbolique de dommages et intérêts.
« Les finances de Brie-sous-Matha sont saines. Les impôts n'y ont pas augmenté depuis 1990 », a plaidé Me Régis Sainte-Marie Pricot au nom du maire et de la commune.
Toujours en ligne
Durant la campagne des municipales, les propos de M. Collenot pouvaient relever de la polémique élec¬torale. Mais les élections sont passées et le bloggeur-citoyen a conservé, sur son site internet, les pages les plus caustiques.
« M. Collenot disposant de toutes les informations, ces textes relèvent, désormais, de la diffamation », assure Me Sainte-Marie Pricot. Au nom de Pierre Collenot, Me Françoise Lacaze a fait valoir que ce dernier avait posé des questions comme tout candidat aux élections en avait la liberté. L'avocate a aussi plaidé la nullité de la procédure, plus de trois mois s'étant écoulés entre la mise en ligne des propos contestés et l'action en justice entamée par Bernard Goursaud et la commune.
La présidente du tribunal correctionnel, Bernadette Pragout, a mis l'affaire en délibéré au 18 décembre.
Compte-rendu d'audience : Dominique Paries
Commentaire du blogueur
Je reviendrai en détail sur le contenu de cette affaire après que la justice se soit prononcée le 18 décembre.