L'interview (réel) de Bernard Goursaud, "quelque peu courroucé", dans l'Hebdo de Charente Maritime
« Après s'en être pris à la mairie il [Collenot] s'en prend aux viticulteurs», commente Bernard Goursaud, qui, comme la plupart de ses administrés
exploite lui aussi quelques lopins de vigne. «Est-ce que vous pensez qu'au moment des vendanges, lorsque les gens passent un coup de jet dans un cuvier, une citerne pour enlever la
poussière, ils polluent l'eau ?», questionne-t-il en attestant par ailleurs de la bonne santé de la source où nombreux sont ceux qui viennent s'y ravitailler «sous leur propre
responsabilité», précise l'édile. «Mais si cela se reproduit au moment des vendanges et si c'était aussi pollué qu'il le dit, les gens seraient tous morts aujourd'hui !», lance-t-il avant
d'ajouter : «Michel Doublet* m'a demandé de participer au syndicat départemental des eaux, j'en suis vice-président, croyez-vous qu'en ma qualité je
contribuerai à polluer ? L'eau est un bien trop précieux pour qu'on en fasse n'importe quoi !»
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L'interview imaginaire
Les Grandes Eaux du Roi-Soleil de
Brie-sous-Matha.
La journaliste : Après votre déclaration sur les eaux de Brie, je suis allée me renseigner auprès des habitants de la commune pour savoir ce qu'ils pensent de cette question. Je dois
dire que leurs réactions à votre déclaration sont assez vives. Ils sont en particulier scandalisés par votre phrase "croyez-vous qu'en ma qualité je
contribuerai à polluer ? L'eau est un bien trop précieux pour qu'on en fasse n'importe quoi". Les exemples qu'ils m'ont cités, montrent que cette déclaration est de pure
forme.
Bernard Goursaud : C'est ce c..., pardon, cet énergumène de Collenot qui vous a dit cela. Il ne
fait que me dénigrer.
La journaliste : Non, ce sont d'autres habitants de la commune qui m'ont parlé de ce qu'ils appellent "le grand gâchis des eaux de Brie". Ce qui les a révoltés,
c'est que pendant presque tout l'été 2009, alors que toute la région manquait cruellement d'eau, la fontaine de Brie coulait à pompes forcées, et que des milliers de mètres cubes de ce
bien si précieux ont été pris sur les nappes pour partir s'évaporer dans l'atmosphère.
Bernard Goursaud : Brie-sous-Matha, c'est le Versailles de la Saintonge, et
j'en suis le Roi-Soleil. I maginez Versailles sans ses bassins, ses jets d'eau, ses cascades. Sans ces eaux versées à profusion, Versailles
ressemblerait à la Saintonge de cet été : un pays en panne d'eau ! Sans ces cascades et cette fontaine qui coulait à
flots, Brie-sous-Matha n'aurait pas été Versailles et je n'aurais plus été son Roi-Soleil. Un drame pour notre petite commune. Alors Nous avons décidé de pomper dans la nappe, car tel
est Notre bon plaisir.
Le Roi-Soleil dispose d'un pouvoir absolu sur tous les éléments précieux de la nature, et en particulier sur l'eau. Les pouvoirs du Sous-préfet ou du
Syndicat Départemental des Eaux sont peu de chose par rapport au pouvoir absolu dont Nous disposons sur les éléments : eux ils proposent, réglementent et légifèrent (entre nous, ils
me laissent agir tranquillement, parce que le contrôle de l'application des lois et règlements n'est pas leur priorité) et Nous, Nous disposons, car tel est Notre bon
plaisir.
La journaliste : Il n'y a pas eu de protestations parmi les habitants ?
Bernard Goursaud : A part ce c..., pardon, cet énergumène de Collenot, qui Nous a écrit une lettre pour Nous demander d'arrêter le pompage, (lettre que Nous avons immédiatement
mise au panier), personne ne Nous a sollicité pour une audience à ce sujet. C'est normal, les gens de Brie sont habitués à ce que Nous vidassions les nappes phréatiques et
assèchassions leurs puits dès le début de l'été. Notre second adjoint en est même très heureux, parce que ça lui rappelle le bon temps des grandes sécheresses, quand les vieux du village
descendaient dans les puits pour les curer. C'est un nostalgique, Notre adjoint !
L'eau non contrôlée de la fontaine publique
La journaliste : Les gens de Brie m'ont dit aussi leur étonnement de l'absence de panneau pour informer que l'eau de la fontaine publique n'est pas contrôlée, c'est à dire légalement
non potable.
Bernard Goursaud : Ce c..., pardon, cet énergumène m'a emm... avec cette demande. Je l'ai bien roulé dans la farine, avec cette affaire. J'ai affiché cet avis seulement pendant la
période où la pompe a été en panne. Ca m'a fait rire, vous ne pouvez pas imaginer comme c'était drôle. Dès que la pompe a fonctionné de nouveau, hop, j'ai enlevé le panneau. Hilarant.
La journaliste : Effectivement, j'ai constaté qu'il n'y en a aucun à la fontaine. Vous ne craignez pas qu'un jour il y ait un problème sanitaire, avec cette fontaine publique non
contrôlée, et pas d'information pour les consommateurs ?
Bernard Goursaud : Mon statut de vice-président du Syndicat Départemental des Eaux immunise naturellement tous les consommateurs d'eau de la fontaine contre tout risque de maladie.
Et mon second adjoint a fait très justement remarquer à ce c..., pardon, cet énergumène de Collenot, qu'il a toujours bu l'eau de cette fontaine depuis qu'il est tout petit, et qu'il se
porte bien. Collenot, il ne peut pas comprendre un truc comme ça, il n'est pas né ici. Les règlements sanitaires, c'est pas pour nous à Brie.
La plainte pour pollution des eaux de la
commune
La journaliste : Et la plainte de Collenot, au sujet des déversements de fonds de fosses à vendanges dans les caniveaux ?
Bernard Goursaud : Ca m'a mis dans une colère folle. C'est la goutte qui a fait déborder le vase, et c'est à cause de cela que j'ai demandé ce long interview à "l'Hebdo de
Charente-Maritime".
La journaliste : Mais vous n'étiez pas concerné personnellement ?
Bernard Goursaud : Non, mais comme Maire, je ne peux pas supporter l'idée que quelqu'un de la commune, conseiller municipal, de surcroît, dise que de tels faits se produisent ici
et aille porter plainte. C'est de la désinformation pure et simple et une atteinte grave à Notre image.
La journaliste : Ce qui a beaucoup étonné les gens de Brie, c'est que la poussière d'une citerne, comme vous le dites dans l'interview, puisse sentir aussi mauvais et laisser de
telles traces noires dans les caniveaux et dans le ruisseau de Brie.
Bernard Goursaud : C'est une particularité brielloise. Ici, la poussière a toujours eu une odeur pestilentielle, et celle de mon exploitation est comme les autres poussières
brielloises. Je le constate tous les ans depuis longtemps au moment des vendanges. Et ça, ce c..., pardon, cet énergumène de Collenot ne peut pas le comprendre. Il n'est pas d'ici.
La journaliste : Merci, votre Majesté
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