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  • : Le blog de Pierre Collenot, citoyen de Brie-sous-Matha
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  • : Réflexions d'un citoyen sur sa commune en Charente-Maritime.
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« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement son bulletin dans l’urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis se désintéresser, s’abstenir, se taire, pendant cinq ou sept ans. (...) La démocratie n’est efficace que si elle existe partout en tout temps. Le citoyen est un homme qui ne laisse pas aux autres le soin de décider de son sort commun. Il n’y a pas de démocratie si le peuple n’est pas composé de véritables citoyens, agissant constamment en tant que tels. »

Pierre Mendès-France - La république moderne.


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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 22:15

Le blogueur Briellois propose une solution simple pour sortir de l'impasse

 

plaques_eau.jpgLe Maire de Brie ne parvient pas à résoudre le difficile problème de l'affichage informatif des usagers de la fontaine publique de la commune.

Le blogueur a découvert, dans les rues de Cognac, ville universellement connue pour la qualité de ses eaux, l'affichage que le Maire de Brie ne parvient pas à trouver.

Sobre, classique, lisible et durable : pouvait-on espérer mieux, pour une petite commune comme la nôtre ?

Il ne fait aucun doute que le Maire, inspiré par cette suggestion constructive, va pouvoir rouvrir très rapidement les robinets de la fontaine publique de Brie-sous-Matha. Comme chacun ici l'espère. Après avoir apposé un affichage conforme aux prescriptions de l'Agence Régionale de Santé.

Tout cela pour un prix qui n'obèrera pas davantage les finances serrées de la commune.

 

Réhabilitation d'un des plus vieux métiers du monde : le porteur d'eau

 

Ces derniers jours, les habitants de Brie se sont étonnés du comportement insolite du Maire, et plusieurs m'en ont fait part.

Le Maire se tenait près de la cabane de la fontaine publique, dont la porte était ouverte, et il manoeuvrait les robinets.

Trois hypothèses ont été émises pour expliquer son comportement étrange :

1- il s'assurait qu'une aussi longue coupure n'avait pas altéré le fonctionnement de mise sous pression de l'eau destinée au public. Belle conscience professionnelle de la part du premier magistrat de la commune !!!

2- il distribuait de l'eau de la fontaine à un petit nombre d'amis triés sur le volet, à qui il voulait faire goûter une eau à fort taux de nitrates et à odeur de chlore. Une sorte de petit comité de dégustation, composé de connaisseurs.

3- Une 3ème hypothèse a été émise pour expliquer ce comportement insolite de notre Maire. Elle vaut ce qu'elle vaut, Je vous la livre : dans cette période de retour aux traditions, le Maire aurait réinventé un des plus vieux métiers du monde, celui de PORTEUR D'EAU.

Pour accréditer cette hypothèse, j'ai fouillé un peu dans les archives, et j'ai retrouvé une vieille ordonnance de 1849 sur la distribution de l'eau. Elle mérite d'être lue ou relue. Elle n'est pas déplacée sur ce blog où on s'intéresse à l'eau, à sa distribution; à sa qualité et à sa sauvegarde.

 

Ordonnance ou 15 Mai 1849 concernant la police des fontaines, bornes fontaines et des porteurs d'eau.

TITRE Ier. — DES FONTAINES ET BORNES-FONTAINES.

porteur_eau.jpgArticle 1er. Le stationnement de voitures et de chevaux, les dépôts de baquets vases et objets semblables sont formellement interdits aux abords des fontaines publiques et des bornes-fontaines.

Art. 2. Il est défendu de laver du linge, des légumes ou tout autre objet dans les bassins et aux abords des fontaines publiques et des bornes-fontaines, et d'y abreuver les chevaux ou autres animaux.

Art. 3. Il est défendu d'apposer des placards sur les fontaines publiques ainsi que sur les bornes-fontaines.
Tout dépôt d'Immondices ou d'ordures aux abords desdites fontaines et bornes-fontaines est interdit.

Art. 4. Tout individu qui aura dégradé les fontaines ou bornes-fontaines, de quelque manière que ce soit, ou qui aura fait usage, pour les ouvrir, de fausses clefs, sera poursuivi conformémant aux dispositions du Code pénal (1).

Art. 5. Il est défendu de détourner l'eau des bornes-fontaines ou d'en arrêter le cours par quelque moyen que ce soit.
Il est ainsi défendu d'en prendre pour la vendre ou pour l'employer à des usages industriels.
Le puisage pour les besoins personnels ou domestiques est seul autorisé.

TITRE II. — DES PORTEURS D'EAU A TONNEAUX ET A BRETELLES.

porteur_eau_03.jpg§1er. Des porteurs d'eau à tonneaux.

Art. 6. Tout individu qui voudra exercer la profession de porteur d'eau à tonneaux, sera tenu d'en faire la déclaration a la préfecture de police.
Cette déclaration indiquera dans quel endroit le tonneau sera remisé.
Il sera délivré au déclarant, et pour chaque tonneau, un certifiait dit feuille de roulage qui devra être visé par le commissaire de police de son quartier ou le maire de la commune dans laquelle il sera domicilié.

Art. 7. Les porteurs d'eau a tonneaux qui changeront de domicile en feront la déclaration dans le délai de quarante-huit heures à la préfecture de police, après avoir fait la même déclaration tant au commissaire de police du quartier ou au maire de la commune qu'ils viendront de quitter, qu'au maire de la commune on au commissaire de police de leur nouveau domicile.
Les maires et les commissaires de police feront mention de ce changement de domicile sur la feuille de roulage.
Il est enjoint, en outre, auxdits porteurs d'eau de faire les mêmes déclarations dans le même délai lorsqu'ils changeront le lieu de remisage de leurs tonneaux.

Art. 8. Lorsqu'un porteur d'eau à tonneaux cessera l'exercice de son état, il en fera, dans le délai de quarante-huit heures, la déclaration à la préfecture de police, ainsi qu'au commissaire de police de son quartier ou au maire de sa commune.

Art 9. En cas de cession d'un tonneau de porteur d'eau, la déclaration en sera faite, dans le délai de trois jours, à la préfecture de police, ainsi qu'au maire de la commune ou au commissaire de police du quartier, tant par le cédant que par le cessionnaire.

porteur_eau_4.jpgArt. 10. Les porteurs d'eau à tonneaux ne pourront puiser, hors le cas d'incendie, qu'aux fontaines à ce affectées par l'autorité, et où les tonneaux pourront êire remplis sans gêner ni embarrasser la circulation.

Art 11. Au premier avis d'un incendie, les porteurs d eau à tonneaux y conduiront leurs tonneaux pleins, sous peine d'être poursuivis conformément à l'article 475 du Code pénal, § 12 (2).

Art. 12. Il est défendu aux porteurs d'eau à tonneaux:
1° De traverser les halles du centre avant dix heures du matin, en tout temps ;
2° De faire stationner leurs tonneaux sur la voie publique, si ce n'est pendant le temps nécessaire pour servir leurs pratiques.

Art 13. Les porteurs d'eau à tonneaux ne pourront se servir que de conducteurs porteurs d'une carte de sûreté ou d'un permis de séjour et d'un livret qui sera délivré à la préfecture de police, conformément au décret du 3 octobre 1810.

Art. 14. Le conducteur d'un tonneau devra toujours être muni de la feuille de roulage prescrite par l'article 6 de la présente ordonnance.
Il sera tenu de représenter cette feuille de roulage, ainsi que des papiers de sûreté, à toute réquisition des agents de l'autorité.

Art. 15. Les porteurs d'eau à tonneaux, domiciliés dans le ressort de la préfecture de police, devront remplir leurs tonneaux, chaque soir, avant de les rentrer et les tiendront remplis toute la nuit.
Ils pourront faire stationner ces tonneaux pleins sur la voie publique, pendant la nuit, mais sur les emplacements à ce affectés par l'autorité.

Art. 16. Les porteurs d'eau à tonneaux sont, conformément à la loi, civilement responsables des personnes qu'ils emploient à la conduile de leurs voitures ou à la distribution de l'eau.

§ 2. Des tonneaux à bras et à cheval. 

 

Art. 17. Tous les tonneaux de porteurs d'eau, traînés à bras ou par des chevaux, seront assujettis à un numérotage qui sera effectué par le peintre de la préfecture de police, aux frais des propriétaires.
Le mode qui sera employé pour ce numérotage, ainsi que pour la peinture des inscriptions qui devront être apposées sur les fonds des tonneaux, sera réglé par une ordonnance spéciale.

Art 18. Toutes les opérations relatives au marquage, au numérotage et à l'effaçage des tonneaux de porteurs d'eau, ainsi qu'à la pose des inscriptions sur les fonds de ces tonneaux, ne pourront être effectuées que par le peintre attaché à la préfecture de police.
Il est expressément défendu aux porteurs d'ean de s'immiscer dans aucune de ces opérations.

Art. 19. Les brancards des tonneaux soit à bras, soit à cheval, ne pourront avoir en arrière et au delà des roues une saillie de plus de 33 centimètres.

porteur_eau_2.jpgArt. 20. Les seaux qui seront placés sur le devant des tonneaux de porteurs d'eau, soit à bras, soit à cheval, devront être aitachés avec des courroies de fort cuir, clouées sur le plancher qui supporte lesdits seaux, ou enfermés dans des cercles ou des étuis de bois établis à cet effet. En outre, les anses de ces seaux devront être fixes.
Les seaux à anses mobiles sont interdits.
Il est accordé aux propriétaires de tonneaux à bras ou à cheval un délai de six mois, à compter de la date de la présente ordonnance, pour se conformer aux dispositions qui précèdent.

Art. 21. Chaque tonneau de porteurs d'eau devra être constamment tenu, tant à l'extérieur qu'a l'intérieur, dans un état convenable de propreté et n'exhaler aucune mauvaise odeur.
La bonde de chaque tonneau devra se fermer assez hermétiquement pour que l'eau ne puisse se répandre sur la voie publique.

Art. 22. Chaque année, il sera procédé à une visite générale des tonneaux de porteurs d'eau, dans le but de vérifier l'exactitude des déclarations de domicile et l'indication des numéros.
Une ordonnance spéciale, qui sera rendue à cet effet, contiendra toutes les mesures d'ordre à observer, et indiquera l'époque a laquelle cette visite devra avoir lieu.

§3. Des porteurs d'eau à bretelles.

Art. 23. Il est défendu aux porteurs d'eau à bretelles de puiser à la rivière ailleurs qu'aux points autorisés.
Ils seront tenus de fermer leurs seaux, lorsqu'ils seront pleins, avec un couvercle de fer ou de bois.

Art. 24. Les particuliers ont le droit de puiser aux fontaines publiques avant les porteurs d'eau à bretelles.

§4. Dispositions communes aux porteurs d'eau à tonneaux et à bretelles.


Art. 25. Il est défendu aux porteurs d'eau à tonneaux, ou à bretelles, de puiser aux bornes-fontaines ainsi que dans les bassins des fontaines publiques.

Art. 26. Il est formellement interdit aux porteurs d'eau, soit à tonneaux, soit à bretelles, de frapper leurs seaux ou de se servir d'instruments bruyants pour annoncer leur marchandise.

 

Source : Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité, Volume 2 - Ambroise Tardieu - Paris - 1852


(1) Le Code pénal (art. 257), de la dégradation des monuments, punit d'un emprisonnement d'un mois à deux ans, et d'une amende de 100 à 500 francs, tout individu qui détruirait, dégraderait ou mutilerait un aqueduc, conduit ou fontaine.
(2) Cet article porte : Seront punis d'une amende de 6 à 10 francs tous ceux qui, le pouvant, auront refusé ou négligé de faire les travaux, le service, ou de prêter le secours dont ils auront été requis, dans les circonstances d'accidents, tumultes, naufrage, inondation, incendie ou autres calamités, etc.

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