Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Pierre Collenot, citoyen de Brie-sous-Matha
  • Le blog de Pierre Collenot, citoyen de Brie-sous-Matha
  • : Réflexions d'un citoyen sur sa commune en Charente-Maritime.
  • Contact

Recherche

Citation

« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement son bulletin dans l’urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis se désintéresser, s’abstenir, se taire, pendant cinq ou sept ans. (...) La démocratie n’est efficace que si elle existe partout en tout temps. Le citoyen est un homme qui ne laisse pas aux autres le soin de décider de son sort commun. Il n’y a pas de démocratie si le peuple n’est pas composé de véritables citoyens, agissant constamment en tant que tels. »

Pierre Mendès-France - La république moderne.


Archives

19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 10:13
A Brie, le 4 décembre, le Maire a annoncé le démarrage imminent de travaux autour de l'église classée de Brie (12e siècle).

Un appel au respect du patrimoine archéologique de la commune

L'emplacement de ces travaux est celui d'un ancien prieuré dépendant de l'abbaye de Fontevraud, et datant probablement du 13ème siècle. Son existence est avérée par plusieurs archives anciennes. Le blogueur, qui connaît bien l'histoire ancienne de la commune de Brie, en présentera probablement un jour dans un article de ce blog.

Plusieurs conseillers municipaux ont essayé de sensibiliser le Conseil à l'intérêt qu'il y a à veiller au respect du patrimoine archéologique de la commune. Ils ont demandé que les conseils de l'Architecte des Bâtiments de France soient sollicités à l'occasion de ces travaux.
 
Quand j'entends le mot "Culture", je sors mon cochonnet (sur l'origine de cette citation célèbre, voir le site Hérodote.)

Le Maire et la majorité du Conseil ont rejeté cette demande.
 
Un adjoint au Maire a expliqué qu'à l'emplacement prévu pour les travaux, autour de l'église classée de Brie, il y avait eu autrefois un terrain de boules, et que les cochonnets qu'on pourrait trouver là n'intéressaient personne à Brie.
 
Les travaux ont été effectués. Personne n'en saura plus. Y avait-il réellement urgence ?

Le PLU n'est pas respecté

Les travaux réalisés ont eu pour effet d'exhausser le sol de deux mètres environ dans une partie importante des abords de l'église. Outre les risques de nuisances (humidité dans les murs) que cette réalisation fait courir aux riverains, ils ne semblent pas être en conformité avec le règlement du PLU qui indique : Zone UA - Article 1 Sont interdits ... les affouillements et exhaussements du sol qui ne sont pas liés à des travaux de construction visés à l'article R 442-2 du code de l'urbanisme.

Dans le cas présent, il s'agit bien d'un exhaussement du sol, dans un cas non visé par l'art R 442-2 du code de l'urbanisme. A Brie, le pauvre PLU, pourtant adopté par le Conseil Municipal, a déjà été si souvent contredit par les faits. Une fois de plus !




Ce désintérêt pour le patrimoine n'est malheureusement pas un cas unique. Un exemple récent, pas loin de Brie, est très éloquent.

Il montre que les citoyens qui n'ont pas envie que l'argent ou l'amour-propre mal placé détruisent tout sur leur passage doivent être vigilants et se mobiliser.

Recueilli sur le site Ca se passe comme ça

Vinci démolit un trésor archéologique qu’il qualifie de "peanuts"

mercredi 15 octobre 2008

Il n’y a pas qu’à Nantes ou à Poitiers, que la France sarkozyste enterre les trésors archéologiques sous le béton. A Angoulême la semaine dernière, le promoteur Vinci, qui a décroché le chantier de réaménagement de l’immeuble Charbonnaud à l’état de friche depuis des lustres, est tombé sur une nécropole, découvrant une bonne quinzaine de sarcophages [1], dont on ignore encore l’âge, mais dont les premières hypothèses laissent supposer qu’ils remontent aux VIIème, IXème ou Xème siècle [2].
 
Mais plutôt que de signaler immédiatement la découverte, comme cela aurait dû être fait si la loi avait été respectée, Vinci a préféré continuer le chantier, et a commencé à saccager le trésor archéologique, faisant valser les squelettes à coups de pelleteuse. Ca se passe comme ça. Pas un mot au service régional d’archéologie, ces empêcheurs de bétonner en rond. "Réglementairement pourtant, je devrais en être informé" précise Jérôme Primault, responsable de l’archéologie préventive pour le département de la Charente, qui a finalement ordonné l’arrêt du chantier, uniquement sur la partie du site où se trouvent les sarcophages. Une réunion de la DRAC demain (16/10) doit décider si des fouilles doivent être menées.
 
La question est déjà tranchée pour Jacques de Passemar, directeur régional de Vinci : les ossements, les sarcophages, l’archéologie, c’est pas ça qui va permettre de finir le chantier dans les temps. "Pour moi c’est peanuts. On va faire un plan de repérage pour les archives du lieu. Mais sur place on va continuer le travail" explique l’homme qui reconnaît à peine qu’en brisant les sarcophages, un de ses gars "a fait une connerie en manipulant la pelleteuse" à un endroit où il ne devait pas y avoir de creusement [3]. "On ne travaillera plus sur cette partie-là" promet-il.
 
A écouter Passemar, on pourrait presque croire que la connerie de son ouvrier est avant tout d’avoir mis à jour ce foutu merdier archéologique plutôt que de l’avoir ensuite détruit. Sa panique en tous les cas ne concerne pas tant la destruction d’un bien commun, d’un trésor archéologique ou d’un élément de notre histoire que le chantier Vinci : "Heureusement, on n’a pas trouvé de tombes au milieu du chantier. Sinon ca aurait été une catastrophe" commente le bétonneur. Pour l’archéologie ou pour Vinci ?

Notes
[1] Source : Charente Libre, 15/10/2008.
[2] Selon les spécialistes, il pourrait s’agir d’une nécropole du VIIIe, IXe ou Xe siècle. « Un élément en plomb recueilli sur l’une des tombes brisées devrait permettre aux archéologues de dater plus précisément le cimetière », estime Loïc Guilbot, l’architecte des bâtiments de France. Des sarcophages dans les sous-sols de Charbonnaud ? Tous les historiens angoumoisins sont catégoriques, cela n’a rien d’étonnant. On sait en effet que l’usine de papier à cigarettes a été échafaudée sur les ruines l’abbaye de Saint-Cybard. Un monastère édifié au VIe siècle, remodelé voire reconstruit en totalité au Xe, au XVe et au XVIIe. Or, la tradition est séculaire, les moines et les hommes d’Eglise ont toujours été enterrés à l’intérieur ou à proximité de leur lieu de culte. « On sait aussi que les comtes d’Angoulême, du IXe au XIIe siècle, ont souhaité être inhumés dans ce périmètre, insiste Florent Gaillard, le président de la société archéologique et historique de Charente. L’un d’eux a même été exhumé il y a moins d’un siècle, découvre-t-on dans les livres d’histoire contemporaine : en 1910, on a ainsi retrouvé à deux pas de Charbonnaud, sur le site qui deviendra bien plus tard le CNBDI, les restes de Guillaume IV Taillefer, l’un des plus célèbres comtes d’Angoulême, mort en 1028. « On ne s’en rend pas compte quand on descend l’avenue de Cognac, mais on a sous les pieds d’un gigantesque cimetière », détaille encore l’ABF. Source : Charente Libre, 15/10/2008.
[3] Cité par Charente Libre, réf. cit.

Partager cet article

Repost 0

commentaires